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mercredi 24 janvier 2018

Janvier 2018 : Cinéma et musique - Pour s'entendre, chœurs ou duels

La musique est présente au cinéma dès ses débuts. Au plan formel, les deux arts ont en commun de travailler sur le temps, le rythme. Quant aux sujets, la musique tient évidemment une place centrale dans les films musicaux, les biographies de musiciens, mais aussi dans certaines fictions et documentaires où elle est considérée comme un facteur d’intégration sociale et de rencontre entre les cultures. Est-ce une idée reçue ?

Le documentaire D’une seule voix (2009) de Xavier de Lauzanne permet d’aborder la question avec réalisme. C’est la chronique d’un échec, et l’on sait les échecs riches d’enseignements.
Au début, M. Labat de Rossi, producteur français de « musiques du monde », voyage en Israël et dans les territoires palestiniens pour convaincre des formations musicales de participer à une tournée en France.
« Qu’on vienne de Gaza, de Jérusalem, ça ne compte pas. On est tous des musiciens réunis pour apporter ce message aux gens : oui, si on peut chanter et vivre ensemble pendant une tournée comme celle-là, il y a peut-être un espoir. L’espoir qu’un jour, on sera tous capables de vivre ensemble. » Les frères ennemis réunis par l’amour de la musique…

Il embarque dans son projet utopique des chorales juives, chrétiennes, l’Ensemble musical de Palestine, etc. Une centaine de musiciens partagent ainsi, quelques semaines durant, la vie d’une tournée. Mais le fossé qui les sépare (conflit politique, décalage de niveau de vie, barrière linguistique) ne sera pas comblé pour autant. Le producteur a cru que cette idée consensuelle suffirait, il l’a « vendue » à tous les participants (y compris diplomatiques) et a axé ses efforts sur l’organisation, mais l’aspect évènementiel (l’ambition) a pris le pas sur l’humain (l’essentiel).
L’erreur fondamentale ici est la croyance en la vertu irénique intrinsèque de LA musique. Martin Luther écrivait que la musique « est un don de Dieu et non pas des hommes ; aussi chasse-t-elle le démon et rend-elle joyeux. Avec elle, on oublie la colère et tous les vices. »[1] Évidemment, le théologien n’avait pas eu la joie « d’écouter » du thrash metal, utilisé comme torture dans les centres de détention américains (thrash signifiant rouer de coups), ni du doom-death ou du porno-grind ! Dans D’une seule voix, la conséquence de cette erreur est que chaque formation se produit séparément : les Israéliens et les Palestiniens ne jouent pas ensemble. Des groupes de musique, ça ne fait pas un groupe. Et quand on sait que même les groupes issus d’une culture commune sont souvent menacés d’implosion…
Par ailleurs, les genres musicaux sont les produits de toutes sortes de cultures et de sous-cultures, y compris les plus rebelles, les plus dissidentes. Aussi la musique ne peut-elle être comprise comme un facteur d’intégration en soi, surtout que lorsqu’on parle d’intégration, on sous-entend souvent « à une culture dominante ». Dans D’une seule voix d’ailleurs, un des ensembles vocaux, composé de seize jeunes filles (huit palestiniennes, huit juives) chantent ensemble, en arabe, un air qui vient de la tradition juive. Le chœur a été formé pour l’occasion… par une professeure israélienne de musique, qui semble aveugle au biais qui entache son dispositif : « Nous, nous chantons en arabe, et eux ils chantent notre culture dans leur langue. » Autrement dit, son projet participe de l’expansion de la culture juive (sans compter qu’elle y a ajouté une gestuelle traditionnelle juive). Elle quittera le navire quand il commencera à prendre l’eau de la discorde politique entre certains participants. Un projet musical commun n’aurait-il pas mieux favorisé la création de liens pacifiques, le temps du projet au moins ?

Importance de la pratique
C’est la tentative que fait un violoniste avec des « sauvageons » de la plus grande favela de São Paulo, dans Le Professeur de violon (2015). Inspirée d’une histoire vraie, cette fiction brésilienne de Sergio Machado veut montrer que la musique peut combattre la violence et les inégalités, mais elle partage avec le documentaire précité un fond bien-pensant et une réalisation lisse et formatée. À force de vouloir trop embrasser (ici, trop de sous-intrigues), les deux films finissent par mal étreindre (ils survolent leurs personnages).
Laerte est un brillant violoniste (noir) qui rêve d’intégrer l’Orchestre symphonique de São Paulo (OSSP). Mais lors d’une audition, il perd tous ses moyens et ne sort aucune note. Il répond alors à une annonce d’une ONG locale et accepte, à contrecœur, d’enseigner la musique classique à des adolescents du bidonville Heliópolis. Confronté à l’indiscipline, à la violence et à l’ignorance technique de ses élèves, il impose des règles, repère les doués et entraîne ces jeunes dans un salutaire projet de concert. Le film se clôture sur des élèves venus écouter leur professeur (devenu premier violon de l’OSSP) en concert, dans une belle salle.
Ici, la musique classique constitue, pour les démunis de la société brésilienne, une clé d’entrée à l’univers - au moins culturel - des classes aisées. Mais Laerte leur a transmis plus qu’un savoir théorique ou le goût de la grande musique : il leur a donné les moyens de jouer eux-mêmes. Si de nombreux films créés autour de la musique mettent en valeur l’apprentissage pratique, ce n’est pas seulement parce que les scénarios ont besoin d’action et les personnages d’évolution, mais parce que maîtriser un instrument de musique exige du travail, et que le travail est un facteur d’intégration sociale. Pratiquer un instrument déplace l’attention, canalise la volonté. Comme le crie une élève du Professeur de violon, pour couper net au chahut qui règne dans la classe, ces cours lui permettent d’oublier ses soucis quotidiens, et elle y tient !

Effets sur l’âme
Reste que l’univers sur lequel se concentre le musicien est particulier. « Si la musique est la partie maîtresse de l’éducation », écrit Platon dans La République, « c’est parce que le rythme et l’harmonie sont particulièrement propres à pénétrer dans l’âme et à la toucher fortement. » Et Madame de Staël de renchérir : « De tous les beaux-arts, la musique est celui qui agit le plus immédiatement sur l’âme. Les autres dirigent vers telle ou telle idée (…) Ce qu’on a dit de la grâce divine qui tout à coup transforme les cœurs peut, humainement parlant, s’appliquer à la puissance de la mélodie… » (Corinne ou l’Italie, 1807).

De mélodie, il ne reste cependant plus grand-chose quand il s’agit de rap, cette musique qui fait partie de l’environnement « naturel » des jeunes du Professeur de violon ou des protagonistes de 8 Mile (2002), de Curtis Hanson. Dans ce dernier film, qui se déroule dans la banlieue sinistrée de Détroit, le rappeur Eminem joue son propre rôle. Jimmy est un adolescent blanc déprimé, qui vit avec une mère défaillante (Kim Basinger) et travaille dans une usine de tôles. La route 8 Mile le sépare du quartier noir où il aimerait faire montre de ses talents de rappeur.
Comme dans Le professeur de violon, le film commence par un échec cinglant : lors d’une battle (un duel de rappeurs en public), Jimmy est mis à quia. Et comme Laerte (et beaucoup de musiciens), il continue de se battre avec les factures impayées (par sa mère) et les doutes. À force de courage et grâce au soutien de ses amis, Jimmy, que les rappeurs noirs surnomment Elvis en référence ironique à un autre Blanc venu jadis jouer sur leurs plates-bandes, va s’imposer et s’intégrer au-delà de sa rue, puis bien au-delà de Detroit (mais le film se termine avant).
Le talent glorifié ici relève plus de la joute oratoire que de l’art vocal et n’a plus grand-chose à voir avec le chant tel que le concevait Luther : « …le meilleur art et le meilleur exercice de tous. Il n’a rien de commun avec le monde ; on ne le rencontre ni devant les juges, ni dans les controverses. »[2]

Des rencontres
Autre rencontre avec une culture étrangère via la musique, celle du petit Max avec celle des gens du voyage dans Swing (2002), du réalisateur gitan Tony Gatlif. La situation de départ rappelle celle de 8 Mile. Le héros est dans une période de flottement ; il passe les vacances d’été seul chez sa grand-mère et s’ennuie un peu. Son environnement familial est déstructuré : père absent, mère nomade qui l’emmène chaque année dans un pays différent. La rencontre advient parce qu’il s’aventure dans une banlieue triste (de Strasbourg) pour y acheter une guitare. C’est Swing, une petite Manouche, qui lui ouvre les portes de sa communauté.
Le blondinet prend alors des cours de guitare avec le génial Miraldo, et découvre un mode de vie où la musique est prépondérante et contribue au rapprochement avec les gadjé (les non-Gitans). En témoigne cette scène où Miraldo et un ami juif réveillent en pleine nuit Khaled pour chanter avec lui
(« Le Juif, le Manouche ! You are welcome, men ! Yallah ! ») ou celle où de jeunes alsaciennes blondes entonnent avec leur mentor le bouleversant Chant de la paix qui mêle traditions yiddish, arabe et manouche : « Remplis chaque coupe qui se vide pour que les âmes se remplissent d’amour. Car le cœur de celui qui n’a jamais été esclave de l’amour ne connaîtra jamais l’unicité d’être Un. » Max va finalement délaisser les cours de guitare et vivre une belle amourette avec Swing.


L’épatant documentaire Benda Bilili ! (2010), de Renaud Barret et Florent de La Tullaye, nous fait vivre, sur cinq ans, l’incroyable percée internationale d’un groupe de musiciens handicapés congolais. Au départ, en 2004, on les voit écumer les rues misérables de Kinshasa, la nuit, sur leurs fauteuils roulants de fortune, entourés d’enfants des rues attirés par leur musique entraînante et leurs paroles optimistes : « L’homme n’est jamais fini, il n’est jamais trop tard dans la vie, chantent-ils en souriant. Un jour, c’est sûr, on réussira. »
Le groupe suscite l’intérêt des réalisateurs français, venus dans la mégalopole pour un autre projet. Ils le mettent en contact avec un producteur de musique, qui
lui ouvre les portes d’un studio d’enregistrement local. Mais une nuit, un incendie détruit le foyer pour handicapés où réside Ricky, le leader du groupe. Il se retrouve à la rue avec sa femme et ses enfants… pour plusieurs années. Lorsque les réalisateurs reviennent, ils constatent la confirmation des propos de Luther : « Ceux qui savent chanter ne se livrent ni aux chagrins, ni à la tristesse. Ils sont gais et chassent les soucis avec des chansons. »[3] Les musiciens reprennent le travail d’enregistrement et leur premier disque sort en 2009. Le succès est fulgurant. Pendant trois ans, ils donneront plus de 300 concerts à travers le monde. Et en 2012, ils se sont produits au Royal Albert Hall de Londres, durant les Jeux paralympiques.


Se faire s’entendre
C’est aussi au Royal Albert Hall que se déroule l’émouvante scène finale des Virtuoses (1996). Cette fiction britannique de Mak Herman raconte l’histoire d’une petite ville menacée par la fermeture imminente des mines. L’attention est portée sur la fanfare des mineurs dirigée d’une main de fer par Danny. Alors que les habitants sont dévastés, que les couples explosent, Danny n’a qu’un objectif : la finale du championnat national des fanfares
à l’Albert Hall. Rita morigène son mari Harry : « Il y a dix ans, tu étais toujours prêt à te battre. Maintenant, tu fais plus rien, à part souffler dans ta maudite trompette. - Ouais, mais au moins… on nous écoute. » Finalement la fanfare décroche la coupe et Danny fait un discours : « Le fait que nous ayons remporté ce trophée n’intéresse pas grand monde. Par contre, si nous le refusons en public, comme nous allons le faire maintenant, le pays entier va se tourner vers nous. De cette façon, je ne parlerai pas pour rien. »

La musique pour se faire entendre, pour s’entendre… pour se mettre à la recherche d’un équilibre, d’une symphonie. Le mot grec symphoneo ne signifie-t-il pas « se mettre d’accord » ?



[1] « Lettre à Senfi », in Bernard Guy, L’art de la musique, Seghers 1961, 700 p.
[2] Ibid.
[3] Ibid.

lundi 2 janvier 2017

Septembre 2016 : "Le Pape François" de Beda Docampo Feijóo / "Les Pépites" de Xavier de Lauzanne

Ana, une jeune journaliste espagnole, est envoyée pour la première fois au Vatican pour couvrir le conclave de 2005. A cette occasion, elle noue une relation amicale avec le cardinal Jorge Mario Bergoglio, qui sera élu pape au conclave suivant, convoqué suite au renoncement de Benoît XVI. Le Pape François évoque la jeunesse de Jorge à Buenos Aires : en 1953, quand se décide sa vocation sacerdotale, ou plus tard, lorsque jeune séminariste, il résiste à l’attrait d’une rencontre amoureuse. On voit ensuite le Padre Jorge, dans les années 70 durant la dictature, prendre des risques pour exfiltrer un homme, et dans les années 90, poursuivre un travail de charité de proximité dans les villas (les bidonvilles) de Buenos Aires, où il est très aimé, alors qu’il est devenu évêque de la capitale. La dernière partie du film est dominée par les deux conclaves à Rome auxquels a participé Son Éminence (il ne voulait pas qu’on l’appelle ainsi). Au fil de ces tranches de vie, se dessine le portrait d’un homme exceptionnel : humble, travailleur, chaleureux, généreux, qui a toujours tenu à garder une vie simple et proche des pauvres. Un grand homme d’Eglise, notre très saint Père.
Ecrit et réalisé par l’hispano-argentin Beda Docampo Feijóo, le Pape François est un film que j’ai vu avec intérêt, mais qui pèche formellement par trop de sagesse et une absence de point de vue.
Le projet lui-même - proposer un film biographique sur un personnalité contemporaine, si présente dans l’esprit des spectateurs - paraît périlleux : dès qu’apparaît à l’écran l’acteur argentin (Dario Grandinetti) qui incarne le pape adulte, on ne peut s’empêcher de le comparer avec son modèle, une personnalité si charismatique, dotée d’une sacrée présence physique.
Quant au problème du point de vue, il est lié au scénario, basé sur le best-seller (1) d’une journaliste argentine, correspondante au Vatican. L’auteur-réalisateur, scénariste de son état, a choisi de garder le personnage d’une journaliste comme narrateur externe. D’où l’impression d’agrégation d’informations journalistiques rapportées avec une certaine superficialité. A ce sujet, les premières scènes font craindre le pire : Ana fait une visite guidée de la cathédrale de Buenos Aires avec sa fille. On croit qu’on va assister à une biographie au rabais, du type « Le Pape François pour les Nuls ». Le fait de vouloir embrasser 60 ans d’une vie bien remplie n’arrange rien : le récit - construit selon des repères chronologiques un peu laborieux, voire confus - glisse un peu sur tout, les faits, les personnages… Heureusement, quelques séquences réussissent à donner un peu d’épaisseur au film : la scène de mariage où le jeune Jorge flashe sur une beauté irrésistible (à part pour un futur saint !) ; celle d’un face à face avec un dirigeant argentin menaçant.
La mise en scène est honorable mais sans grand intérêt. Beda Docampo Feijóo a notamment du mal à tirer de l’émotion de l’actrice espagnole Silvia Abascal, qui joue Ana.

En 1995, cadre de l’entreprise IBM en préretraite, Christian des Pallières est recruté pour diriger le bureau local d’une ONG française à Phnom-Penh : pendant deux ans, il va développer l’aide pédagogique auprès des écoles du Cambodge. Choqué par le nombre d’enfants des rues de la capitale, il décide d’aller à leur rencontre. C’est alors qu’il découvre la décharge à ciel ouvert où ils sont nombreux à venir tous les jours. Sur un immense terrain d’ordures fumantes, dans une odeur pestilentielle et au milieu de myriades de mouches, des centaines d’enfants de six à quinze ans fouillent dans les ordures. En loques, couverts de plaies infectées, un grand sac crasseux sur le dos et pieds nus dans les ordures dans lesquelles ils s’enfoncent jusqu’aux genoux, ils cherchent des bouts de plastique ou de métal à récupérer. Ils cherchent aussi à se nourrir, car aucun d’eux n’a mangé depuis la veille. Christian des Pallières et son épouse Marie-France décident alors de les aider à sortir de cet enfer, en commençant par installer une « paillote » au pied de la décharge pour offrir un repas, de quoi se laver et les premiers soins. Deux ans plus tard, le couple crée une école pour les petits chiffonniers, à 1 km de la décharge. Grâce au travail de l’association qu’ils créent - Pour un sourire d’enfant -, dix mille enfants ont aujourd’hui accédé à l’éducation et ont pu embrasser un destin qui ne leur était pas réservé d’avance…
Ayant réalisé des films sur une association humanitaire créée par mon père pour aider les chiffonniers du Caire, je sais qu’il y avait mille façons d’aborder un sujet comme celui des Pépites. La bande-annonce me faisait redouter un film promotionnel à budget confortable et effets racoleurs. Or ce documentaire réussi et touchant évite beaucoup d’écueils, comme celui du catalogue sans âme des programmes mis en place, ou celui du commentaire laudatif sur l'énergie qu’il a fallu déployer. « J’avais envie de faire un film qui, sur un sujet aussi fort, ne défende aucune cause, aucune idéologie, aucune analyse, mais expose un enchaînement de faits, à partir de la rencontre d’un homme et d’une femme, jusqu’à la création d’une œuvre humaine éblouissante » dit Xavier de Lauzanne. « Les Pépites n’est pas un reportage. On raconte tout simplement une histoire en utilisant un langage sensoriel et chaque spectateur en tire sa propre réflexion ».

Une « philosophie de vie » se dégage pourtant des Pépites : c’est celle exprimée par M. des Pallières, invitant à l’aventure. C’est d’ailleurs ce que promet l’affiche du film : « Une aventure humaine extraordinaire ». Une aventure où la rencontre avec l'autre est primordiale et qui engage l'être dans toutes ses dimensions :
- Les sens : paradoxalement, le fondateur dit regretter quelque part la disparition de la décharge, dont la puanteur et la saleté avaient provoqué le « haut-le-cœur » déclencheur (2).
- Le cœur précisément : les des Pallières ont vécu au cœur du centre qu’ils ont créé et sont appelés « Papy » « Mamy » par des enfants ayant grand besoin d’un lien affectif. « C’est rare de rencontrer au sein d’une institution, l’existence d’un lien aussi fort », remarque très justement le réalisateur.
- L’intelligence et la volonté : les deux sexagénaires les ont mises au service de leurs « prochains ».
- Reste la dimension spirituelle, totalement absente, du moins non explicite. Mais Jésus a dit : « A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l'amour les uns pour les autres. (3) »

L’impact du documentaire tient en grande partie à la retenue de ses protagonistes : celle des bénéficiaires, propre à ceux qui ont enduré de grandes souffrances ; celle du couple fondateur, qui fait preuve de pudeur dans sa manière de se raconter. Leurs témoignages n'en deviennent que plus émouvants.

(1) « Francisco, Vida y Revolucion » d’Elisabetta Piqué (2013)
(2) Les images d’archives des débuts sont particulièrement bouleversantes.
(3) Evangile selon saint Jean, 13, 35.